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Normaliser les comportements négatifs

Leadership & Performance3 min readAugust 2026

Nous avons créé une terminologie respectable pour ceux qui réussissent grâce à des comportements politiques et malveillants.

« On ne peut pas résoudre un problème que l’on refuse de reconnaître. »

La littérature managériale populaire et les services de coaching définissent généralement un B-Player comme un simple « A-Player solide, mais moins talentueux ». Cette définition édulcore la dynamique réelle. Elle ignore le fait que la réussite des B-Players est activement orchestrée par des manœuvres politiques destructrices et improductives ainsi que par une exploitation systémique, plutôt que par de simples différences de compétences. La dynamique entre A-Players et B-Players est fondamentalement parasitaire, et non complémentaire.

1. A-Players (L’élite axée sur la performance)

Définition : Des individus très performants, motivés par la maîtrise de leur domaine, l’excellence et la passion pour leur travail. Lorsqu’ils évoluent dans un environnement composé d’autres A-Players, leur niveau de performance et leur dynamique se renforcent de manière exponentielle.

Vulnérabilité principale : Un angle mort structurel concernant leur propre supériorité relative, ainsi qu’une mauvaise compréhension des motivations politiques. Ils ont souvent du mal à comprendre pourquoi leurs collègues ne fonctionnent pas avec la même motivation intrinsèque ou pourquoi les B-Players les considèrent comme des menaces opérationnelles.

2. B-Players (Les bâtisseurs de pouvoir et d’empires)

Définition : Des individus très ambitieux et performants dont l’objectif principal n’est pas l’excellence dans leur domaine, mais l’acquisition, l’expansion et la protection du pouvoir organisationnel et de leur position hiérarchique.

Comportement tactique : Les B-Players prospèrent grâce aux manœuvres politiques, en bâtissant des empires composés de collaborateurs loyaux mais moins performants, et en ciblant ou en neutralisant activement les A-Players dont les compétences brutes menacent leur position.

3. Travailleurs non motivés (La base neutre)

Définition : Des individus qui choisissent de ne pas investir leur identité personnelle ou leurs ambitions fondamentales dans leur progression professionnelle ou dans la domination organisationnelle.

Comportement tactique : Contrairement aux B-Players, ils ne font preuve d’aucune malveillance systémique, ne participent pas à des jeux politiques et ne ciblent pas les collaborateurs les plus performants. Ils accomplissent simplement les tâches qui leur sont demandées selon le niveau attendu, sans ambition politique. Par conséquent, ils occupent rarement des postes de direction importants.

Nous positionnons les différents profils de la manière suivante :

  • Un A-Player affiche des performances exceptionnelles et une intention fortement positive. Cela signifie qu’il cherche à accomplir son travail avec excellence, qu’il consacre ses efforts à des résultats productifs et positifs et qu’il va au-delà de ce qui est attendu afin de réussir individuellement, mais aussi au sein de son équipe.
  • Un B-Player affiche des performances moins exceptionnelles, même si elles peuvent parfois atteindre le niveau de celles d’un A-Player. L’élément essentiel réside toutefois dans le fait que son intention n’est pas positive. Si vous êtes extrêmement performant mais que vous consacrez votre temps à déstabiliser vos collègues, à bâtir des empires et à recruter des collaborateurs peu performants afin de vous mettre vous-même en valeur, votre intention n’est pas positive.
  • Les sous-B-Players, comme nous l’examinons, sont généralement très dépendants des B-Players. Ils sont attirés par une relation symbiotique, sachant qu’ils bénéficient du B-Player tout en suivant sans discussion toutes ses instructions, y compris, bien entendu, celles qui relèvent d’une intention négative. Il va également sans dire que les sous-B-Players contribuent à valoriser l’image du B-Player.
  • Le travailleur non motivé reconnaît les A-Players et ne formule pas de critiques injustifiées à leur égard. Il peut ne pas être capable de distinguer les A-Players des B-Players, ou simplement ne pas s’y intéresser. Les travailleurs non motivés deviennent parfois la cible des B-Players, car ils n’apportent pratiquement aucune valeur aux intérêts de ces derniers. Recruter des travailleurs non motivés peut constituer pour un B-Player une manière de disposer de davantage de personnes à « faire sortir » de l’organisation s’il doit un jour protéger sa propre cellule.

« Il ne sert à rien de dire: “Nous faisons de notre mieux.” Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire.»- Winston Churchill

Le problème central que nous abordons à travers ces sujets n’est pas que les organisations comptent des personnes présentant différents niveaux de performance. Cela est normal et inévitable.

Le problème apparaît lorsque les comportements politiques et malveillants deviennent une stratégie organisationnelle efficace et que la théorie du management invente rétrospectivement une catégorie respectable pour désigner ceux qui réussissent grâce à ces comportements. Cela crée à son tour une industrie de la formation et du coaching qui renforce la respectabilité de ces pratiques. Autrement dit, plutôt que de remettre en question les défaillances du système, elle explique pourquoi ce système serait nécessaire.

Nous mettons en évidence le gaspillage organisationnel engendré par ces comportements ainsi que leurs effets négatifs en cascade sur vos collaborateurs les plus performants.

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